Revoir la conférence « Quand se chauffer devient un luxe »
Jeudi 4 juin 2026, l’Espace Ambroise Croizat accueillait notre désormais traditionnelle conférence organisée en marge de l’Assemblée Générale annuelle de notre association.

Les questions de la justice sociale et de l’accès équitable aux ressources énergétiques traversent les actions de Gefosat depuis son origine. Après avoir questionné les inégalités de genre et leur lien avec les conséquences du changement climatique en 2025, nous avons choisi cette année de donner la parole à Anne Brunner, directrice des études à l’Observatoire des Inégalités, pour nous parler des liens étroits entre inégalités environnementales et fracture sociale.
En posant au préalable quelques notions-clés qui permettent d’avoir une vision générale des liens entre pauvreté et inégalités, Anne Brunner nous a éclairés sur la prépondérance des situations de pauvreté dans la capacité à faire face aux pollutions, aux conséquences du changement climatique, en mettant en évidence les mécanismes de privation qui sont à l’œuvre, loin de la sobriété choisie.
Ses constats de spécialiste des inégalités sont largement partagés par Gefosat et ses partenaires de l’action sociale, notamment sur le terrain de la précarité énergétique où nous constatons jour après jour la façon dont les ménages pauvres réduisent leur recours au chauffage, de façon parfois extrême.
L’exposition aux différentes pollutions n’est pas identique pour toutes les catégories socio-professionnelles et diffère fortement selon les polluants et les territoires. Mais c’est bien d’abord au travail et dans le logement que les inégalités environnementales sont fortement corrélées aux inégalités sociales. Les données de santé (maladies chroniques, cancers) confirment qu’à exposition égale, les ménages pauvres sont davantage impactés que les autres.
Alors que peut-on faire pour réduire ces inégalités environnementales ? D’abord, lutter contre la pauvreté !
Anne Brunner nous invite en conclusion à ne pas nous laisser décourager, en montrant que les politiques publiques peuvent avoir des résultats, que le concept d’écologie punitive doit être combattu et que les progrès environnementaux bénéficient d’abord aux plus pauvres, dont les convictions environnementales ne doivent pas être sous-estimées. Davantage qu’un appel aux écogestes et à un changement de comportement individuel, il est essentiel de prendre en compte la réalité budgétaire des ménages en leur donnant les moyens d’isoler leur logement ou d’acquérir un véhicule moins polluant, deux actions qui permettent de cocher à la fois la case écologique et sociale.
Retrouvez l’intégralité de la conférence et des échanges sur le replay ci-dessous.
Merci à Anne Brunner et à l’Observatoire des Inégalités.
Merci au CCAS de la Ville de Montpellier pour son accueil.
